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Angkor: le paradis des mangeurs de pierres

Est-il scientifiquement envisageable que la chaleur du soleil explose un thermomètre? J’aurais voulu faire l’expérience. En avril à Angor le soleil cogne et tout est chaud : le sol, les pierres, l’eau des piscines, l’eau froide de la douche… De fait nos visites ne furent qu’essentiellement matinales. Quelques virées aurorales pour parcourir Angkor, ce paradis des mangeurs de pierres.

Petit rappel contextuel…

Angkor fût la capitale du puissant royaume Khmer du 9eme au 15ème siècle. Un royaume gigantesque qui s’étendit jusqu’aux actuels territoires vietnamiens et birmans. Le site est pourtant rapidement abandonné, avec le déclin du royaume et les invasions thaï du royaume d’Ayatthaya. Le site est progressivement livré à la jungle avant d’être « redécouvert » au 19ème siècle par quelques naturalistes européens. Les premières réhabilitations du site datent du début du 20ème siècle. Au fil des découvertes on parle de « Nouvelle Rome », de « Babylone » ou de « Citées englouties »… Un imaginaire se construit jusqu’à titiller nos rêves de touristes occidentaux. Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992 et attire aujourd’hui plus d’1 million de visiteurs par an.

Bayon

Le Bayon

Angkor est un site balisé avec des routes touristiques bien tracées. Des groupes asiatiques envahissent les temples sans qu’on puisse facilement leur échapper. A la faveur d’une pose lascive ou des inévitables doigts en « V » les appareils photos crépitent d’excitation comme des cigales en rut. Difficile dans ces conditions de remonter le temps… Autant peut-on deviner les aléas de la cours en visitant Versailles mais pour imaginer une capitale impériale, riche et grouillante, autour de ces temples, il faut vraiment se lever de bonne heure…

Au moins est-il possible d’imaginer l’exaltation des premiers européens, transpirant et perdus dans la jungle, dégageant des reliefs sous la mousse ou des bouddhas empêtrés de racines…

Tha Phom

Le Tha Phom

Ah cette jungle! On se demande d’ailleurs si ce n’est pas grâce à elle que survivent certains temples. Des arbres gigantesques (les « Fromagers ») ont poussé dans/sur/autour de certaines murailles. Leurs grosses racines pénètrent les moindres interstices de manière à ce que le mur tienne depuis des siècles. Sans doute les déforment-ils aussi… Mais quand on voit la taille de ces arbres, et qu’on devine leur âge, on a du mal à imaginer que les pierres du dessous puissent être encore plus âgées. L’ensemble permet de faire de jolies photos, sauf quand 50 asiatiques en short (sourire aux lèvres et les doigts en V!) se succèdent inlassablement devant le même arbre. Je caricature mais on n’est pas loin de la vérité…

Bercé par certains récits d’enfance, leurs images colorés et les aventures d’Indiana Jones, Angkor continu d’alimenter les rêves. On a pu rester scotcher des heures devant les bouddhas du Bayon, la jungle du Tha Phom et les motifs du Banda Srei

Et puis avec un peu de volonté on arrive à tout. Même à se faire oublier des gardiens pour se retrouver, le soir, complètement seuls dans les enceintes d‘Angkor Wat. Magique!

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