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Dans les tribunes de l’USM Alger

On ne plaisante pas avec le foot. Et encore moins en Algérie! Retour sur un match animé entre l’USM Alger et les Forces aériennes d’Irak. Un match arrêté avant son terme sur fond de chants, de fumigènes et de « Allah akbar Saddam Hussein ». Scandale diplomatico-sportif au goût douteux mais alors… quelle ambiance de feu! 

18 septembre 2018. L’USM Alger rencontre les Forces aériennes d’Irak pour le compte de la Coupe arabe des clubs champions dans son antre de Bologhine, à deux pas de Bab el Oued. Foule monstre. Bousculades pour l’achat des billets ; pour l’entrée au stade ; fouilles corporelles… les tribunes sont combles et la moyenne d’âge des supporters ne doit pas dépasser 25 ans. J’y étais avec mon père et mon frère pour tater l’ambiance locale.

Des chants non-stop & des buts. On n’a pas été déçu :-)

70 minutes de match et puis s’en va…

L’USMA menait 2-0 en seconde mi-temps quand les supporters ont commencé à entonner des « Allah akbar Saddam Hussein » sous un festival de fumigènes. Une sorte d’hommage au raïs destiné à piquer l’adversaire mais qui passait plutôt mal… Tactique payante puisque les irakiens ont tout bonnement décidé d’arrêter de jouer. Un officiel est descendu sur le terrain avec un drapeau irakien dans une sorte de brouhaha continu et les joueurs sont rentrés d’eux-même au vestiaire. Nous étions à 70ème minute et vu l’ambiance électrique l’arbitre a décidé d’arrêter le match. En sonore ça donnait ça.

USMAlger

Nous sommes donc rentrés en stop avec la foule de supporters qui semblait finalement bien plus heureuse de s’être amusé que de l’issue avortée de ce match. Dans la foulée le ministère des affaires étrangères Irakien a décidé de convoquer l’ambassadeur d’Algérie à Bagdad pour venir s’expliquer. Bon… à plus de quatre on est souvent cons alors tout un stade c’est carrément le festival… Malgré le goût sportivement décalé de ces chants je dois avouer l’ambiance méritait clairement le déplacement.

Et Alger sinon?

Alger est un point d’interrogation. Géographiquement bien sûr et par sa baie…qui au sens large s’étend d’El Marsa et Aïn Benian. Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. Difficile d’affirmer qu’Alger est une ville « jolie ». Mais la mer apporte la fraicheur et les embruns nécessaires aux envies de battre le pavé.  

Port Alger

Bab El Oued

Alger est une ville désuète. On devine les fastes de la vieille Algérie française, notamment à Bab el Oued, et le cruel manque d’investissement de cette fin de règne Bouteflika qui laisse une ville en manque d’infrastructures. La Casbah est aussi belle que labyrinthique… mais tombe peu à peu en ruine. Et la construction hyper moderne de l’énorme mosquée d’Alger (la troisième plus grande du monde) tanche clairement avec une ville dont les myriades de quartiers mériteraient clairement d’être un peu dépoussiérés.

Mais Alger est une ville jeune et grouille de vie. J’ai adoré les balades autour de la mosquée Ketchaoua, l’animation des marchés, les petites échoppes et surtout l’accueil des algériens bien plus enthousiastes que je ne l’aurais pensé. Un mélange d’insouciance propre à la jeunesse et une pointe d’amertume chez les plus anciens.    

Alger_Medina

Comme pour ce nombreuses ville quatre jours à Alger ne suffisent pas. Je n’y retournerais pas pour la ville en elle-même mais pour ses habitants. Et flairer avec eux l’esprit de l’époque post-Bouteflika.

 

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